Nous sommes venus au Népal avec l’idée d’aller faire un trek dans l’Himalaya. On rêvait du fameux trek du camp de base de l'Everest mais n’étions pas surs non plus. En regardant un peu sur internet, un autre circuit qui revient souvent se fait dans les Annapurna (moins cher et moins haut). Mais ils sont en train d’y construire une route sur une portion ce qui est un critère éliminatoire pour Thomas ! C’est décidé on part pour l’Everest.

L’organisation du trek

Hormis ce choix, nous n’avions rien organisé avant d’arriver au Népal. A Katmandou pas besoin de partir à la chasse aux infos et aux agences c’est elles qui viennent vers toi. Nous ne voulions pas y passer trop de temps et comparer les centaines d’agences que compte le quartier touristique de Thamel. Donc nous nous sommes contentés de comparer ce que nous proposait le responsable d’une agence rencontré à l’aéroport (voir article précédent) et le propriétaire de notre maison d’hôtes.

Il a aussi fallu choisir un itinéraire car il existe beaucoup de variantes pour arriver à l’EBC. Nous partons sur le trek par Gokyo et la « Cho la pass », un peu plus long et plus difficile que le trek de base mais qui à le grand avantage de faire une boucle, et qui promet des paysages magnifiques.
Nous avons aussi pensé à faire le « Three passes » encore plus compliqué et plus long, mais n’étant jamais allé à haute altitude nous avions un peu peur que ce soit trop pour nous, et nous ne voulions pas non plus passer tout notre mois au Népal en trek.

Enfin il faut choisir comment on veut être accompagné – on avait lu sur des blogs que ce n’était pas nécessaire, et effectivement ça ne l’est pas forcément, mais faire une randonné sans porter de sac c’est un luxe qui nous a bien fait plaisir, et encore une fois nous ne sommes jamais allés en altitude donc on ne savait pas vraiment à quoi s’attendre.
Il y a 3 possibilités d’accompagnants :

  • Un porteur : souvent des jeunes, portent jusqu'à 25kg d’affaires (+les leurs) mais ne parlent pas – ou très peu - anglais et marchent généralement à leur rythme et donc pas avec nous.
  • Un guide : les guides sont qualifiés, la plupart sont d’anciens porteur avec une 10ène d’année d’expérience. Ils parlent bien anglais, connaissent le nom des montagnes, animaux et fleurs. Et ont aussi des bases de premiers secours en montagne. Par contre le guide ne porte que ses affaires.
  • Un porteur-guide : en gros c’est un porteur qui sait parler un anglais (pas forcément parfait). Il porte jusqu’à 10kg d’affaires, connais plus ou moins bien les montagnes et reste marcher avec nous.
    La plupart des groupes prennent un (ou plusieurs) porteurs + un guide, mais lorsque l’on part à deux ca commence à faire cher tout ça donc nous optons pour un porteur-guide. Nous n’avons pas besoin de beaucoup de choses donc 10kg seront suffisants pour qu’il porte la plupart de nos affaires et que nous n’ayons que des petits sacs avec des gouters, nos doudounes / coupe vents et de l’eau (beaucoup d'eau) !!

Nous avons finalement décidé pour tout cela de passer par notre propriétaire, son agence avait l’air un peu moins fiable mais il était très gentil, a surement plus besoin d’argent et nous a fait un meilleur prix. Et il faut dire aussi que le discours TRES commercial, limite charlatan de Chintan n’a pas eu l’effet escompté sur Lise et l’a plutôt énervée…
Malgré tout le trek reste très cher, surtout à cause des billets d’avions jusqu’au point de départ : 350$ A/R pour une personne : c’est vraiment une fortune pour le Népal.

20180301_174157-2Tout payer en liquide pendant 19 jours ca en fait des billets

Le départ

En nous donnant nos billets, notre organisateur nous explique qu’il choisit toujours les avions les plus tôt car il arrive souvent que des vols soient annulés à cause de la météo : impossible pour les avions de voler en cas de nuage, et les matinées sont souvent les plus dégagées.
Nous voilà donc à 5h du matin devant un aéroport fermé à attendre un avion censé partir à 6h mais pas affiché sur les tableaux d'affichage. On se rassure, on n’est pas tout seul et ça paraît normal !!

Une fois l'aéroport ouvert on comprend que les horaires sont approximatifs et nous sommes finalement enregistrés sur le vol de 6h45 il s’agit en fait de 2 petits avions (18 places) qui partiront à 7h15.

On a appris plus tard que ce sont les seuls avions de la journée qui ont décollé, on n’a donc pas regretté notre réveil matinal.
Lukla étant réputé pour être l'aéroport le plus dangereux au monde, on a bien fait attention à ne pas trop regarder sur internet des vidéos car il parait la piste d'atterrissage de 150m est très impressionnante (et courte).
Le vol dure 35min et on arrive rapidement au milieu de montagne. C'est d'ailleurs très bizarre de voler entre les montagnes et non au dessus !!!
Pas le temps de réfléchir à l’atterrissage, que l’on voit apparaître une piste, en pente (en montée c'est déjà bon signe elle n'est pas en descente) et nous nous sommes posé tout en douceur. Bien plus en douceur que beaucoup de long courriers.

Depart

A Lukla nous retrouvons Ambir, qui sera notre guide et porteur, nous lui laissons donc notre sac. Il a 29 ans, sourit tout le temps, et paraît très sympa. C'est donc parti pour 16 jours de trek.

De Lukla à Namche (3 jours dont un d’acclimatation)

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Le début du trek a été assez tranquille. Ce qui n’est pas plus mal pour nous laisser le temps de se mettre dans le bain – et parce qu’on c’était levé à 4h du matin aussi – mais surtout nécessaire pour laisser le temps à notre corps de s’habituer à l’altitude.
Pour vous donner une idée de notre rythme, qui était un peu différent en descente, nous nous levions vers 7h pour marcher le matin car les après midi étaient souvent couvertes de nuages – voire pluvieuses. Notre rythme de marche étant assez rapide on arrivait sur notre lieu d’hébergement pour déjeuner.
Il n’y a pas grand chose à faire dans les lodges, et le froid ne nous donnait pas trop envie de sortir donc on était parfois tenté de marcher plus longtemps – on a chaud quand on marche – mais ce n’était pas une bonne idée pour l’acclimatation. On se contentait donc de prendre notre temps le matin, admirer le paysage, faire des pauses photos, des pauses thés et l’après midi des petites balades, jeux de cartes et beaucoup de lecture au chaud dans nos duvets.

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La journée il faisait encore assez bon et nous marchions facilement en tee-shirt, ou alors tee-shirt + coupe vent ; mais les soirs ont tous été frais et l’on était bien heureux vers 17h lorsque les logdes allumaient le poêle de la salle commune.

On a essayé de ne pas sortir nos doudounes trop tôt, redoutant le froid qui allait suivre on préférait essayer de s’habituer un peu, et on a surement bien fait car a posteriori il ne faisait pas si froid que ça !!

La route de Phakding à Namche Bazar était assez longue, et surtout beaucoup de montés, mais comme tous les jours le paysage était magnifique.
Pendant cette partie nous n’avons pas croisé grand monde, beaucoup de porteurs – qui sont d’ailleurs impressionnant, et souvent bien trop jeunes - et de yacks.
Il nous arrivait de marcher 30 min dans la poussière et les mauvaises odeurs derrière un troupeau de yack n’arrivant pas à le doubler les chemins étant assez étroits.
On a aussi traversé beaucoup de villages, la plupart étant des villages touristiques, beaucoup de ponts suspendus, mais surtout un nombre incroyable de moulins à prière, stuppa, ou juste des pierres peintes invitant à la prière – l’empreinte du boudhisme était visible tout au long du chemin.
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Nous avons passé 2 nuits à Namche Bazar (3 500m) pour s’acclimater.
Durant notre journée d’acclimatation nous marchons quand même, pour ne pas perdre le rythme, et faisons une ballade avec un point de vue sur l’Everest (à 4 200m environ). La montée est rude, on est très vite essoufflé et incapable de parler en marchant, mais on n’a pas mal à la tête ni aucun autre signe d’altitude ce qui est plutôt bon signe !

La vue d’en haut est superbe, on a un panorama sur un grand nombre de montagne toutes plus hautes les unes que les autres. L’Everest paraît d’ailleurs souvent plus petit que d’autres, mais surtout il est toujours la tête dans les nuages ! Lors de cette balade on voit aussi un aéroport (on est bien content de ne pas avoir atterri sur cette piste en terre), un monastère et une école.
Pour le moment nous n’avons pas encore vu de neige, ce qui nous étonne pas mal, à cette altitude en France les neiges sont éternelles.

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De Namche à Gokyo (3 jours)

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De Namche à Gokyo nous gardons toujours le même rythme avec des journées assez courtes (pas plus de 3h de marche). Les paysages par contre sont assez différents. Nous sommes sortis du trek principal qui va au camp de base de l’Everest et sommes dans une autre vallée plus étroite avec moins de hautes montagnes visibles autour de nous.
Plus question non plus de troupeaux de yacks, les chemins sont trop étroits, seuls les porteurs apportent la nourriture et le matériel sur cette route. Quant aux touristes nous étions 7 à faire ce trajet dans notre sens en même temps, et pas beaucoup plus en sens inverse donc autant dire qu’on était tout seuls !!
On commence à voir un peu de neige en dépassant les 4000m, et il commence à faire bien froid. L’eau gèle la nuit mais on trouve la technique en enroulant les gourdes dans des couvertures (on n’a pas le courage de les mettre dans nos duvets). Même si l’on n’est pas surs d’avoir des températures positives la journée on a toujours suffisamment chaud en marchant.

Les après midi restent tranquille, chaque jour on essaie quand même de faire une ballade, partir explorer les environs à la recherche du Yeti, ou d’un des 4 onces qui vivent dans cette région – voir des onces étant le rêve de Thomas.
Choux blanc pour les onces, par contre on voit beaucoup de yacks des montagnes (une race un peu différente de ceux qui servent de porteur). Mais bon nos explorations restent assez courtes : notre porteur s’inquiète de nous voir partir sans lui, le ciel est tellement couvert qu’on n’y voit pas grand chose et puis il fait froid !
Là ça y est, on a sorti la doudoune, l’écharpe, le bonnet … la totale !!
Mais à part ça, on vit bien l’altitude à part un essoufflement très rapide.
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Gokyo Ri et Chola Pass jusqu’à Gorak Sheep (3 jours)

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Le village de Gokyo est le point de départ de notre première difficulté : l’ascension du Gokyo Ri qui culmine à 5357m. Pour profiter au maximum des vues qu’il offre, notamment sur l’Everest, Ambir nous suggère un départ en pleine nuit à 4h30 du matin afin d’être en haut pour le lever du soleil.
Excités par l’idée, nous nous préparons néanmoins à ce que ce soit difficile : la nuit, mettre simplement le bras en dehors du duvet est difficile, alors nous imaginons bien le froid qui nous attend.

La nuit n’est pas très bonne, mais nous sommes quand même debout à l’heure dite. On ne voit rien d’autre dehors que la lampe des 2 Indiens et leurs guides partis dans la montée une vingtaine de minute plus tôt. Effectivement, il fait froid ! On est assez bien équipé, mais les mains et les pieds s’engourdissent. Après avoir fait un peu plus de la moitié de l’ascension, on commence à y voir, et on peut éteindre nos lampes de poches. La fatigue se fait aussi sentir, et finalement Thomas se sent mal. Le départ sans petit déjeuner ne lui a pas réussi, malgré nos barres de céréales il a du mal à reprendre des forces (il faut dire que vu la température on peut difficilement s’arrêter suffisamment longtemps pour ça). Avant de définitivement tomber dans les pommes il décide de faire demi-tour. En revanche, Lise (sans savoir vraiment pourquoi) accepte de le laisser descendre et de continuer avec le guide. Elle sera bien en haut pour le lever du soleil et profiter de la vue sur les hauts monts qui nous entourent : Everest, Cho Yu, Lothse…

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Elle commence en revanche un peu à s’inquiéter pour Thomas qui est descendu seul. Pas de raison normalement car un des indiens et son guide ont fait demi tour 5 min après Thomas donc elle savait qu’ils l’auraient aidé s’il fallait mais elle ne s’attarde quand même pas trop. Et c’est même en courant derrière le guide qu’elle redescend (pas la meilleure des idées non plus).

En attendant, Thomas est bien redescendu en bas, et elle le retrouve en train de se reposer et se réchauffer dans son duvet.
Après un peu de repos et sans grande conviction, nous continuons finalement le programme initial de la journée, à savoir 2 heures de marches jusqu’à Dragnag ou nous arrivons pour le déjeuner. Nous ne savions pas encore ce que nous allions faire après et on été près à faire une vraie journée de repos si besoin, mais il se trouve qu’il était prévu de dormir à une altitude un peu moins élevée que Gokyo, donc on a décidé de continuer et on verrai après une bonne nuit.s
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Le lendemain est une nouvelle grosse journée, mais Thomas a l’air plus en forme, nous nous attaquons donc à la Cho La Pass, un col dont le sommet se situe à 5420m. On embarque un pique-nique avec nous, et on se lance dans la montée pour ce qui devrait être la plus dure journée de notre trek. Et effectivement, ça monte et pendant longtemps. Le haut du col en particulier est très rude, et l’on marche sur des gros blocs de pierres à escalader. Mais quelle récompense en arrivant en haut, la vue est magnifique sur les pics alentours, et sur le versant opposé, nous sommes face à un glacier immense. Glacier qu’il va nous falloir traverser pour redescendre. Il y a 2 jours, notre guide s’est inquiété que nous n’ayons pas de crampons à attacher sur nos chaussures pour ce passage… On nous avait dit à Katmandou, que de bonnes chaussures de marches étaient suffisantes, il va être temps de le vérifier. On marche donc doucement, mais finalement pas de problème majeurs pour redescendre dans ce glacier, il a neigé la veille et il y a donc une petite couche de neige pratique pour ne pas marcher directement sur la glace dure comme la pierre. Tout au long de la descente vers Dzongla, notre étape pour la nuit, nous profitons d’une vue incroyable sur l’Ama Dablam au fond de la vallée.
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Le lendemain, nous avons une courte montée jusqu’au village de Lobuche de prévue. Finalement, en arrivant tôt dans la journée, nous décidons avec notre guide de nous y arrêter uniquement pour déjeuner, et de continuer jusqu’à Gorak Shep pour y dormir. Cela nous laissera plus de temps là haut pour tranquillement visiter le camp de base et Kala Pattar.